1Q84, comme une uchronie cruelle

Je viens de terminer le premier tome de 1Q84, j’ai terriblement envie de démarrer le second, mais pourquoi me dites vous? 

Tout d’abord Haruki Murakami c’est un style. Un peu comme son héros Tengo professeur de mathématique, l’auteur japonais avance pas à pas par de courtes phrases, comme une démonstration de mathématiques. Parfois, on peut même se sentir pris par la main, comme s’il avançait doucement, avec douleur, avec souffrance dans cette histoire. Mais quelle histoire! C’est un tourbillon raconté à la vitesse d’un escargot qui peine. 

Anne Kerlo’ch’ écrit dans 20 minutes :

Tengo, écrivain en devenir est chargé de réécrire dans l’ombre le premier roman d’une jeune fille, échappée d’une secte, « Les Précurseurs ». Aomamé, professeur de gym, est une tueuse à gages aux contrats moraux, exécutant les violeurs d’enfants et maris violents. Sa prochaine mission : assassiner le leader de la secte. Aomamé et Tengo se sont aimés enfants, dans un échange définitif de regards, puis perdus. L’année 1984 ne les voit jamais se croiser mais il sont destinés à se retrouver dans l’univers parallèle de 1Q84, espace inquiétant traversé par les agissements des « Little People » créatures capables de déclencher les orages, de déformer les pensées ou de tisser des « chrysalides de l’air »

 

 

Chez Télérama Marine Landrot écrit :

“Les difficultés de traduction ont parfois du bon. L’impossibilité de dire, qui constitue le thème phare de l’oeuvre de Haruki Murakami, étrangle le titre français de ce nouveau roman, imprononçable : 1Q84. C’est par télépathie qu’il faudra demander ce livre au libraire, ou en écoutant les ondes imperceptibles échappées des âmes et des objets, qui vous mèneront jusqu’à lui. L’opération ne devrait demander aucun effort aux lecteurs membres de la confrérie Murakami, qui ont développé un sixième sens depuis leur plongée initiatique au fond des puits, des forêts, des ascenseurs, de La Fin des temps ou Kafka sur le rivage.”

 

Si l’on dépasse le mouvement romanesque et presque “thriller” du premier tome, je pourrais dire que l’auteur nous fait part de sa fascination pour le temps et le concept de réalité. A l’instar de Philip K. Dick il nous plonge dans le doute de la réalité, le doute de la véracité de cette réalité qu’il nous propose à la fois multiple, complexe, questionnable

Comment ne pas plonger ? Dans ce maelstrom  de notre époque dans cette description de personnage qui ne sont pas tout à fait comme leur image publique, cette secte qui parait si inoffensive et qui inonde ses proches de sa malignité?

Et puis, il y a le livre, et les livres. Comme beaucoup de grands romans, 1Q84 est un livre qui parle d’un livre mystérieux qui va toucher beaucoup de japonais mais aussi réunir par sa force les destins des héros du livre.

Et aussi, Murakami nous parle des livres. Des livres de la littérature : Orwell bien sur, puis Tchekov mais il nous interroge sur d’autres formes de littérature : celle qui est “dite” avec cette grande évocation des traditions japonaises des contes et récits épiques, et une autre intime, brulante, au cœur de l’intrigue un livre qui ne peut pas être dit, celui qui reste dans nimbes de la conscience de l’auteur qui ne peut pas écrire…

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2 réflexions sur “ 1Q84, comme une uchronie cruelle ”

  1. Plutôt d’accord avec ce retour. Suis en plein dedans … débute sur un « faux rythme » qui peut être un peu déroutant. Mais très vite on est pris, et alors … GRAND … le plaisir de cette lecture !

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  2. Merci pour ce commentaire.
    Force est de constater que tout est particulier dans ce livre. J’aime l’idée du faux rythme, de cette lenteur apparente ou tout avance dans un calme en surface… Alors que l’intrigue bouillonne en profondeur.
    Chaque personnage est bien croqué avec leur dose incroyable de paradoxes mais ils tiennent pourtant debout ! Une ancienne temoin de jehova, professeur de stretch et assassin à ses heures…
    Ca y est je suis au tome 2.

    J'aime

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