Archives pour la catégorie Politique

La communication politique prend un coup de jeune

On voit ici la question générationnelle de la communication se poser.  Le digital apparait comme un attribut de la modernité, mais aussi d’une capacité du politique à sa socialisation naturelle, bref à pouvoir être à l’écoute tout en participant au débat.  J’ai trouvé qu’Alain Lambert le disait assez bien.

Dans la description que le MODEM fait de Alain Lambert ( ancien Ministre des Finances rallié à François Bayrou ) nous pouvons lire :

Alain Lambert est un utilisateur assidu des réseaux sociaux. Il possède des comptes notamment sur Twitter, Facebook, Google+, LinkedIn et Foursquare. « Ça vous permet de voir comment les gens réagissent à certains sujets de société sur lesquels vos pouvez vous interroger vous-même. C’est quasiment irremplaçable », estime-t-il.  Son franc-parler et sa réactivité lui valent le respect de nombreux internautes.

Pour tout dire je le rejoins assez sur cette citation :

« Il faut que nos gouvernants s’habituent à ces nouveaux modes de communication, qu’ils comprennent comment ça fonctionne, qu’ils jouent le jeu. Ils savent le jouer dans un comice agricole ou dans une cérémonie, on leur trouve du talent pour distribuer des poignées de mains et des bisous aux dames… Ils devraient arriver aussi à trouver leur place dans les réseaux sociaux », remarque-t-il avec amusement.

 

 

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Eva Joly et Richard Stallman

Invitée à s’exprimer brièvement avant le début de la conférence, elle a tenu à rappeler la proximité entre les idées écologistes et les valeurs défendues par Richard Stallman. « Le numérique, comme l’écologie, est un sujet qui remet en question la recherche, la production, la diffusion et la consommation » a-t-elle expliqué. « C’est une lutte globale pour les biens communs, pour la liberté et pour les possibilités d’épanouissement dans le partage. » Ce lien se place dans la continuité du rapprochement opéré à l’échelon européen entre le Parti Pirate et le Parti Vert Européen, autour des valeurs de liberté d’expression, de protection de la vie privée, et de libre diffusion des savoirs sur Internet.

Jeudi après-midi, Richard Stallman était l’invité de l’équipe de campagne pour une réunion de travail en présence de Sandrine Bélier (députée européenne EELV), Frédéric Neau (référent thématique aux libertés numériques pour la campagne) et plusieurs membres de la commission Partage 2.0 au sein d’EELV. De nombreux sujets ont été abordés au cours de cette discussion ouverte au public, et notamment le danger présenté par des lois comme ACTA.

via evajoly2012.fr

Eva Joly a rencontré le fondateur de la FSF et l’inventeur de la licence publique générale. et elle était l’animatrice d’une conférence « Vers une société numérique libre ».
Bien sur on y retrouve ici les grands thèmes généreux et parfois idéalistes des activistes du libre.

Mais au de là de cette rencontre, on voit se dessiner ici des frontières dans le partage des idées. Pour moi, se pose la question d’un environnement économique (ecosystème) équilibré dans lesquels plusieurs modèles peuvent cohabiter.
Prenons l’alimentation, que serait le bio si nous n’avions que du bio?
C’est ce que j’appelle parfois l’environnement digital. Dans ce cadre, on voit bien le rapprochement, le parallèle que l’on peut faire entre l’écologie politique et la politique numérique (qu’il faudrait renommer en environnement digital). C’est Guillaume un de mes collègues de l’équipe de campagne de Borloo qui avait trouvé le terme.

Je suis très heureux que Eva Joly et son équipe prennent la parole sur ces sujets. Même si je ne suis pas d’accord sur tout, il est important de ramener ces thèmes au centre de la campagne parce qu’ils sont des enjeux pour notre futur.

Eric Schmidt de Google à la French American Foundation et l’EBG

C'était un peu ma journée Google aujourd'hui. la French American Foundation avait invité l'EBG à participer à une rencontre avec Eric Schmidt ce jour dans le magnifique pavillon Ledoyen…. 

Il a été question de l'explosition des smartphones, de l'usage de l'internet dans les pays où la démocratie se développe, mais de façon plus hexagonale les vues de google sur le reformatage de la loi HADOPI. Schmidt est clair : le brouillon actuellement en discussion ne lui parait pas bon, mais il a bon espoir que l'on ira vers la bonne solution… 

A un entrepreneur qui disait 'je vais vous envoyer un pitch' il répond 'c'est pas les pitchs qui font la différence ce sont les equipes'. L'entrepreneur ne se démonte pas 'on a une équipe top, on se met au travail déjà'. Schmidt: 'laisse tomber le pitch alors, envoie une URL' L'entrepreneur :'euh'.

 

Cavada croit en Morin et à l’union du centre droit

J’ai rencontré ce matin de façon fortuite Jean-Marie Cavada (il buvait son café en bas du bureau)  

Nous avons échangé quelques mots. Cette conversation ne pouvait pas tomber à un meilleur moment puisque Hervé Morin venait hier d’annoncer sa candidature. Ma première question pour lui a été : « pourquoi faire ». Il m’a redit : « Pour défendre nos  idées ». 

Nous avons échangé sur la position difficile dans lequel Hervé Morin mettait le centre avec cette candidature qui dans le cas où elle n’attire pas plus de citoyens, ni de support risque au contraire d’affaiblir le pouvoir de traction de nos idées pour les prochaines échéances. Avec le recul, je suis plus à l’aise avec la position de Jean-Louis Borloo qui vise à proposer, défendre des points, préparer les législatives,  en montrant sa différence, ce qui n’empêche en rien de prendre une position engagée le moment venu sur un candidat. 

Pour lui, aux éléctions législatives, notre force viendra de l’investiture de candidat de l’ARES dans chacune des circonscriptions pour faire valoir sa différence face à l’UMP. A la question doit on négocier circonscription par circonscription. « Oui mais sans que notre reflexe soit la peur ».  Me voilà d’accord avec lui, il nous faut des candidatures qui montrent notre différence et non celle de notre soumission, sinon il ne nous resterait plus qu’à prendre notre carte à l’UMP. 

 

Cavada
Ca tombe bien on a eu la position de Jean-Louis Borloo, à travers des extraits de son nouveau livre « libre et engagé »  on y lit un passage fort intéressant sur le sujet. 

Jean-Louis Borloo publie son autobiographie

Le centre serait mou, le radical flottant. Loin de représenter une véritable force dans le pays, nous aurions vocation à servir d’appoint. On adore en France les étiquettes, les classifications simplettes. Cela rassure, cela structure. Cela permet de s’opposer à grand renfort de posture dans une sorte de confort intellectuel. Sauf que ce n’est pas la vie. Ne serait-il pas plus malin et honnête de juger les gens en fonction de ce qu’ils font ? La vraie distinction est, à mon sens, entre les conservateurs d’une part, les progressistes de l’autre.(…) J’ai voulu créer une nouvelle offre politique. Une nouvelle majorité sociale et humaniste : des radicaux, des gaullistes sociaux, des centristes, des écologistes, d’autres venant de la gauche moderne. (…) L’Alliance républicaine écologiste et sociale a vocation à présenter des candidats aux législatives, à gérer des villes. On ne sait quel sera le résultat de 2012 et comment l’UMP évoluera… Je veillerai sur l’Alliance et sur cet espoir que nous avons fait naître. Dans cette confédération, le parti radical, membre fondateur, gardera bien entendu son identité, sa doctrine, sa vision républicaine, humaniste et laïque. Plus vieux parti de France, il est toujours là, car il a su s’adapter. Mais surtout parce qu’il sert de repère philosophique et politique à tous les moments cruciaux d’évolution de notre pays. Oui, depuis cent ans, la flamme de ces idéalistes ne s’est jamais éteinte.

La taxe pour la licence globale « pourra augmenter », prévient Christian Paul

Chiffrée à deux euros par mois par Martine Aubry lors d'un déplacement au Festival d'Avignon, la rémunération des artistes et des auteurs à l'heure du numérique pourra être revue à la hausse. Le député PS Christian Paul estime que le taxe pour la licence globale pourra être plus élevée si d'autres domaines sont intégrés. Mais les internautes ne seront pas les seuls à payer.

via www.numerama.com

Donc, le parti socialiste, ou du moins la candidate aux primaires socialiste, Martine Aubry veut de la licence globale.
"une contribution massive" des internautes qui fait que le téléchargement devient légal par la loi, et que le financement de la création est financée par une taxe payée en amont de l'utilisation. Pour ma part, je crois beaucoup plus à la justesse d'une licence globale optionnelle. Je crois que le téléchargement sera toujours techniquement possible, mais l'idée d'une taxe, d'un impôt qui finance la création me fait un peu froid dans le dos.
J'ai l'impression que l'on cherche à nationaliser la culture. Il faut dire que la SACEM fait des efforts constants pour répartir les recettes vers les ayant-droits de façons juste. Par exemple, savez vous que sont apportés des corrections positives aux petits ayant-droits…

 

Pour en apprendre plus sur la licence globale l’article de wikipedia.

 

En tous les cas le sondage réalisé dans l’après midi montre que les français réagissent positivement à la proposition. 70% des 1300 personnes interrogées par 01net donnaient une préférence à la licence globale comme une '”idée juste pour le consommateur et les auteurs”.

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Ailleurs sur Electron libre on pouvait lire les jeunes n’ont pas peur du grand méchant hadopi

Lorsqu’on leur demande leur avis sur la loi Hadopi, voila ce qu’ils nous répondent : Sarah, 18 ans entre en première année d’études à Assas, « Je ne suis pas d’accord avec la loi, car si les DVD et les albums ne coutaient pas aussi chère (20 euros pour les DVD et 16 euros pour les albums ndlr) les gens n’iraient pas sur internet pour télécharger (illégalement s’entend, ndlr) ». Les prix des places de cinéma sont aussi mises en cause, notamment avec l’arrivée massive des films en 3D, pour lesquels le prix du ticket dépasse les 10 euros si vous n’êtes pas propriétaire d’une carte de réduction. Ariane, étudiante en première année de droit à Assas, nous dit comprendre l’idée « mais pense que la loi ne changera rien, car le téléchargement est déjà beaucoup trop développé et utilisé ». Lors de la rencontre publique, organisé par Hadopi à la Bellevilloise (Paris 20eme) au début du mois, la commission a annoncé avoir identifié un peu plus de neuf cents milles adresses IP. Charlotte, quand à elle, qualifie la loi d’obsolète, surtout pour la musique, « les artistes utilisent de plus en plus ce système de téléchargement sur internet, notamment au niveau des mixtapes (plus petit qu’un album, environ une dizaine de titres, ndlr)", qu’ils proposent gratuitement via des liens de direct download.

Hadopi ne fait pas peur aux jeunes pirates, qui pensent que c’est la loi qui est en retard par rapport aux usages :

"L’Etat à réussi à faire fermer certaines plateformes de téléchargement comme Limewire au moment où le téléchargement entrait dans l’ère du torrent. Aujourd’hui l’Etat veut supprimer le torrent mais nous entrons dans l’ère du streaming. Au final Hadopi ne fera qu’accélérer le processus de l’évolution du téléchargement », soulignent-ils.

2012 sur twitter : Arnaud #Montebourg twitté avec sympathie

Si les réseaux sociaux sont aujourd’hui largement inscrits dans les pratiques du web ( plus de la moitié des internautes y passe une fois par jour)  twitter a pour sa part connu en france un démarrage lent. Jugé un peu technique et geek. Il a fallu du temps pour justement que sa simplicité devienne peu à peu un avantage perçu.
L’utilisation massive de smartphone a aidé son adoption, tant il est vrai que le service se marie bien à la mobilité par sa simplicité.

D’après une étude récente menée par Semiocast nous pourrions conter 3,3 millions de comptes en France dont la moitié serait actif soit 1,6 millions d’utilisateurs.  L’étude est assez sérieuse et utilise les données de géolocalisation, information de profil ainsi que la langue utilisée pour déterminer une présomption de nationalité.

On comprend bien que twitter étant plutôt le réseau social des passions ( selon leurs propres termes) que le débat politique pourrait s’y déplacer. A ce titre j’avais eu l’occasion de parler dans ce blog des expériences américaines et françaises dans ce domaine.

Le Twittoscope nous donne une idée des personnalités les plus actives sur twitter, selon unétude organisée par semiocast, TnnSofres, TF1 et Metro

La méthodologie selon les sponsors : “l’ensemble des tweets qui mentionnent chacune des personnalités politiques en langue française sur Twitter a été recueilli entre le 1er et 31 janvier 2011.

Le recueil des messages : se fait à partir de mots-clés (sur la base d’une liste d’environ 140 personnalités politiques majeures en France) en tenant compte du nom, du prénom, des surnoms et des abréviations (par exemple « DSK », « Sarko » ou « MAM »)… Cette liste est évolutive et pourra être complétée selon l’actualité.

Le filtrage : sert à éliminer de manière automatique tous les messages citant des homonymes. Cette technique permet de garantir par exemple que les messages parlant de Royal évoquent bien la présidente du Conseil Regional de Poitou-Charentes et non l’adjectif ou une marque commerciale. De même, les messages parlant de Marine Le Pen sont distingués de ceux citant son père, etc…"

Les données brutes sont postées chez SemioCast qui est l’entreprise en charge de collecter, trier et analyser les données.

Ceci permet de voir que DSK continue à intéresser la twitosphere mais que peu à peu de nouveaux entrants font leur apparition en haut du classement.

A noter le bon niveau de Segolene Royale, Martine aubry qui remonte fortement et l’arrivée dans le classement de … Jacques Chirac.

D’autres, jusqu’alors absents dans le Top 20, font leur entrée. C’est le cas de François Hollande. Le candidat aux primaires socialistes intègre directement la 11e place du classement.

Pour sa part, François Bayrou permet, pour la première fois, aux centristes d’être présents dans le Twittoscope puisqu’il occupe la 13e place. Et ce, peu après la création de son compte sur le réseau social, le 31 mars dernier.

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Meilleure critique positive par les twittos  de Arnaud Montebourg qui se partage le palmarès depuis début 2011 avec Eva Joly et Ségolène Royal.

Arnaud  Montebourg a une campagne assez forte sur internet et il avait marqué un moment important avec la parution de ses vidéos virales qui avait frappé les esprits. 

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Sur son blog, il a un ton très personnel, capable de toucher le lecteur habitué à ce type de discours simple et direct :

Depuis une semaine, je me suis rendu sur deux sites victimes de la désindustrialisation : Saint-Claude et Dreux. J’ai pu mesurer, localement, l’immense attente de nos concitoyens. Ouvriers, ingénieurs, cadres ou retraités des entreprises concernées, tous partagent un même souci : réindustrialiser notre pays. Mon protectionnisme est industriel, social et environnemental. Il n’est pas purement défensif mais vise à protéger pour innover. De cela nous avons longuement parlé pendant ces journées de campagne, dans le Jura ou dans l’Eure-et-Loir, nous avons parlé. […]

Dans le même temps, dans les salons, les Ministères et les officines un seul mot d’ordre : « Haro sur la démondialisation ! » Voilà en effet le slogan commun à une coalition hétéroclite qui, quand elle ne manie pas l’insulte argumente assez sommairement son opposition à la démondialisation : « ringard », « réactionnaire », « irresponsable »…

C’est assez plaisant de voir le candidat porter un propre jugement sur les critiques qu’on lui oppose, du coup on se sent plus proche de son engagement qu’on le partage ou pas.

Ca ne l’empêche pas dans son billet du 14 juillet de reprendre des allures plus lyriques en faisant sonner la corde sensible de la république… surtout la 6eme…

L’élection présidentielle est un peu une fête nationale : c’est ce qui nous permet de nous retrouver autour d’un projet commun à notre pays, de faire société. Avec la démondialisation, avec la 6ème République, nous avons la possibilité de renouer les fils de notre propre histoire, ouverte sur le monde, respectueuse et généreuse. En ce jour de fête nationale, c’est d’abord à cette France là que je pense et que je veux apporter mon dévouement et mon engagement.