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Transition Numérique conférence chez Hachette Livre

J’étais ravi de venir parler de mon livre « La révolution blockchain » et plus généralement de la transition numérique dans l’amphithéâtre de Hachette Livre.

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J’étais très impressionné par le hall d’accueil, avec cette grande bibliothèque vitrée qui reprenait tout les succès de la maison. Parcourir les couvertures et les tranches de ces livres c’était un peu un voyage dans le temps, et parfois un voyage dans l’enfance tant ils ont occupé nos temps de lecture.

Merci à Alexi Rerole membre du comité exécutif de Hachette Livre, et Guillaume Pech-Gourg pour leur accueil et les mots d’introduction.

Quelle chance d’avoir également dans la salle Odile Marion éditrice de La révolution Blockchain. Je la remercie de sa confiance et de l’enthousiasme sur ce sujet.

 

 

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Medef – Web2business

Nous sommes en Novembre 2013, à Kiev, en Ukraine. Les caméras du monde entier sont braqués sur la place Maïdan, où se rassemble l’opposition ukrainienne. Un détail attire mon attention dans la vaste foule des protestants. Des partisans  de la rébellion tiennnetn dans sa main un panneau sur lequel est imprimé un QR Code et au-dessus duquel on peut lire « Soutenez la révolution ». Il renvoie vers le portefeuille « bitcoin » du mouvement de contestation nationale, appelant aux dons et aides en tout genre, en ces heures désespérées.

L’astuce d’un virement direct sur le compte des insurgés répondait, en effet, à une situation depuis vertement dénoncée par les médias. Les principaux intermédiaires bancaires en ligne, tel PayPal, avaient bloqué les transferts financiers vers l’Ukraine, étouffant toute possibilité de soutien monétaire au mouvement d’insurrection.

La résistance s’était donc organisée pour remédier à la situation, en mobilisant les nouvelles technologies de don en ligne. Indépendamment de tout parti pris dans le conflit ukrainien, l’interdiction du transfert de valeurs numériques est une idée nouvelle dans les relations internationales et mérite de s’y attarder.

Depuis ce moment cette anecdote de ce manifestant de la place Maïdan et de son panneau de protestation me sert souvent d’introduction à mes propos, parce que je le trouve très frappant, très symbolique.

Il montre, en effet, l’opposition existante entre l’idée d’un réseau internet totalement libre et l’autorité encore exercée par certaines organisations mondiales ou locales, plaçant l’ensemble des échanges numériques sous le contrôle d’une autorité centrale.

Nombre de Dunbar et pierres de Yap

Qui dans la salle connait le nombre de Dunbar?  Le nombre de Dunbar est le nombre maximum d’individus avec lesquels une personne peut entretenir simultanément une relation humaine stable.  Cette relation stable est le pilier principal de la confiance qui est un concept sur lequel nous allons revenir rapidement.

 

Cette limite a été découverte par une étude publiée en 1992 par l’anthropologue Robin Dunbar, c’est une étude statistique basée sur la taille des groupes d’individus comparé à la taille de leur néocortex. La capacité de notre néocortex nous permet d’entretenir par le langage, la confiance mutuelle des interactions avec 148 individus ( généralement arrondi à 150)

 

Dunbar a démontré que la première innovation qui a permis à l’homme d’atteindre le nombre de 148 est le langage. Sans le langage les groupes d’individus nécessitent une communication non verbales qui les limite à une quinzaine.

Le langage est une innovation majeure pour passer à 150 individus.

 

La seconde va naitre à l’expansion de l’agriculture il y a 10 000 ans. Il s’agit d’une organisation centralisée qui permet de créer la confiance au-delà d’un groupe humain qui n’utilise que le langage : cette organisation qui établit un mode de confiance distribué s’appelle une institution.

 

Tant que l’organisation, le mode de fonctionnement du groupe ne nécessite pas de coordonner plus de 150 individus un fonctionnement basé sur la confiance et les relations humaines peut suffire. Au-delà il faut une institution.

 

Le processus de consensus d’une institution c’est l’autorité.  Mais pourtant il en existait d’autre.

 

Qui est déjà allé à Yap en vacances?  Probablement personne. On y trouve des roues de pierre dites de Yap (appelées aussi rai) qui constituent une monnaie. Utilisée dans la Fédération des États de Micronésie, dans la région des Philippines, dès le iie millénaire avant Jésus-Christ, cette monnaie de pierre a la taille d’un imposant disque d’aragonite, percé d’un trou au milieu, avec un diamètre variant de 0,8 à 4 mètres. Taillées dans les carrières de Palaos -une ile voisine – avec des outils de coquillage, ces imposantes pièces d’une tonne étaient transportées d’un endroit à l’autre à l’aide d’un pilier de bois, coincé dans le trou central et permettant de faire rouler la pierre, puis portées dans les pirogues. La valeur de la pierre en question était mesurée à la hauteur de l’effort humain fourni pour l’acquérir : extraction du minerai, taille et ciselage, transport, etc.

Par exemple, si le transport en pirogue de la pierre de Yap avait causé la mort d’un homme, sa valeur était conséquemment augmentée.

 

Ces pierres servaient ainsi au paiement d’achats de terres ou de titres dans cette société clanique, mais aussi à négocier des accords de paix ou de commerce.  Les pierres étaient ensuite disposées le long des rues, devant les habitations, à la vue de tous, afin de montrer le statut social de leur possesseur. Considérant la taille de la monnaie, le vol était une issue peu envisageable à l’avenir de ces rochers.

 

Processus de consensus : Surtout, ce qui est remarquable dans l’utilisation de ces pierres taillées sous forme de grandes meules, c’est la façon dont le consensus s’est créé autour des processus de transactions. Lorsqu’un acheteur A désire acquérir la maison d’un concitoyen B, il va utiliser la pierre comme forme de monnaie d’échange.

 

A dispose d’une pierre P, dotée d’une valeur reconnue par la communauté. Cette propriété sur la pierre est connue de tous. Au moment où il procède à la transaction, donnant à B la propriété de P, sans avoir même à déplacer la pierre, il est désormais reconnu comme nouveau propriétaire de la maison.

 

La communauté de l’île va ainsi mémoriser que la pierre P appartient désormais à B. La propriété des pierres présente et passée est inscrite dans la mémoire du village. Il n’existe pas de registre centralisé, il s’agit bien d’un registre décentralisé, inscrit dans la mémoire de chacun des membres de la communauté, en quelque sorte identique à celui la blockchain !

 

On montre ici une organisation décentralisée, ou pour être précis « a-centralisée », très comparable au mode de fonctionnement d’une blockchain publique.

Cette organisation est le mode de fonctionnement de la confiance dans cette ile.

 

 

Au xixe  siècle, avec l’arrivée des explorateurs occidentaux, l’économie monétaire des archipels changea brutalement. Les goélettes des premiers explorateurs permettaient en effet de déplacer plus facilement et plus rapidement les rais que le traditionnel transport en pirogue, diminuant de facto leur valeur.

 

Il y a 10000 ans il y a par le développement de l’agriculture le passage d’une organisation décentralisée à une organisation centralisée. Pour pouvoir maintenir une société dont le nombre de participant est plus grand que le nombre de Dunbar il va falloir changer d’organisation, et passer à une organisation centralisée.  Grace à la révolution de la Blockchain, l’opportunité nous est offerte de recréer à des tailles de plusieurs millions d’individus des organisation décentralisées qui vont distribuer de la confiance.

 

Le nombre de Dunbar est passé de 15 à 150 grâce à une innovation technologique qui s’appelle le langage… ,

Le nombre de Dunbar va passer de 150 à quelques dizaines de millions. Grace à une nouvelle innovation : les  institutions qui sont des organisations centralisées basée sur une croyance nous allons pouvoir organiser des groupes de quelques dizaines de millions pour des organisations, jusqu’à 1,5  milliard pour l’église catholique.

 

Aujourd’hui nous allons pouvoir construire maintenant des organisations décentralisées ( comme celle de l’ile de YAP ) mais pour des tailles d’individus dizaine de milliards d’êtres humains : c’est-à-dire  une 10 milliards d’humains en 2050 et quelques dizaine de milliards d’Intelligence artificielles.

 

Ces organisations décentralisées permettent d’établir la confiance.

 

 

Blockchain et blog de Mediapart

Un article assez général sur blockchain et cryptomonnaies dans le blog de Mediapart

A lire sur  Mediapart

La blockchain permet de s’affranchir du tiers de confiance, de l’intermédiaire que sont les banques. Tout aussi important et moins souvent évoqué: le rôle de substitution de la blockchain aux chambres de compensations. Denis Robert ayant décrit l’opacité du fonctionnement de ces institutions, la blockchain, permet de jouer ce rôle de manière potentiellement public garantissant une plus grande transparence, concept défendu par Philipe Rodriguez, président de Bitcoin France et ancien de chez Microsoft. Dans un contexte où les banques font face à une crise de liquidité (cf subprimes), on peut aisément apprécier l’intérêt des banques pour ces technologies.

Il convient également de prendre en compte le fait que l’augmentation du nombre de transactions pèse sur le réseau, et certaines opérations inutiles sont effectuées dans le but unique d’augmenter la rémunération du mineur selon le principe du « payer plus pour attendre moins ». Autre point, le droit d’auteur : imaginez-vous auteur d’une chanson inscrite dans la blockchain, apporter la preuve de votre identité et cela attestera que vous êtes la source de cette œuvre, permettant ainsi d’en revendiquer les droits associés sans avoir besoin d’un notaire, maison de disques, et d’un avocat. La technologie de la blockchain est donc essentiel pour l’avenir du système financier : dans son rôle d’intermédiaire, pour les échanges interbancaires et les aspects liés à la propriété intellectuelle et au droit contractuel.

Critique de La Révolution Blockchain

Jacques Favier dans la voie du bitcoin nous propose une critique très juste du livre « La Révolution Blockchain ».
Favier est un historien. Mais c’est bien plus qu’un historien. Pour plagier Heinlein, l’auteur de SF, Favier s’intéresse à l’histoire du futur de la monnaie!  Et à ce titre, son regard  sur l’ouvrage est tout simplement capital.

C’est une analyse très juste du livre que Favier a visiblement lu avec attention et avec bienveillance.  Je crois que nous sommes d’accord sur l’essentiel, et je prends les quelques différences comme de bonnes sources de discussions futures, tant nous aimons le débat l’un et l’autre.

J’apprécie particulièrement qu’avec Favier on se retrouve sur la thématique de l’usage de Blockchain dans nos institutions démocratiques, même si il reste tant à faire…

…/… La politique n’est pas oubliée, et c’est là que le sous-titre prend vraiment son sens: Algorithmes ou institutions, à qui donnerez-vous votre confiance?

L’ironie perce parfois, comme lorsque Rodriguez met en face à face l’explosion du nombre de gens employés à réglementer ou surveiller la finance et le peu de résultat en terme de confiance suscitée. Même si l’on voit mal par quel moyen notre Etat sclérosé accoucherait à court terme d’une démocratie liquide (un coup d’état informatique pour nous libérer de règlements contraignants, d’usages dépassés, de relations desséchées ?) ni inversement en quoi l’organisation sur une blockchain nantaise du référendum sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes rendrait les points de vues des uns et des autres mieux réconciliables, il faut bien dire que l’enthousiasme de l’auteur, sourcé chez Don Tapscott, est sympathique.

Oui la blockchain est un chantier de pionniers civiques engagés dans de grandes transitions.

 

 

L’article est ici  

 

Soirée signature : La Révolution Blockchain

J’ai été sincèrement très touché par votre présence.

Je vous remercie du fond du coeur pour votre présence, hier lors de ce moment.

Vous étiez 200 à participer à cette rencontre et ceci a montré l’intérêt grandissant pour le sujet de la blockchain, de bitcoin, des algorithmes, des institutions.

N’hésitez à me donner vos feedbacks…

Si vous avez aimé: dites le! Si vous avez acheté votre exemplaire online alors n’oubliez pas de donner un 5/5 sur le site! J’ai besoin de top reviews.

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Vous avez été nombreux à me demander d’intervenir dans différents cercles et je le ferai avec plaisir, si mon agenda me le permet :

https://philipperodriguez.com/conferencier/

Interview BFM – Algorithmes et Institutions

J’étais ravi de participer à l’émission de Frederic Simottel et d’avoir un échange de grande qualité autour des thématiques du livre « La révolution Blockchain » édité chez Dunod

Diffusion ce samedi et dimanche à 17h00 sur BFM BUSINESS

J’ai pu aussi retrouver Gonzague Grandval qui lance ChainForge un nouvel incubateur pour Blockchain dont je parlerais prochainement…

 

Sur bfm : http://www.bfmtv.com/static/nxt-video/player.html?video=5328367036001&brand=BFMBUSINESS&url=http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/la-revolution-blockchain-est-en-marche-1802-915671.html

Les promoteurs de la Blockchain dont je fais partie sont parfois subjugués par la beauté mathématique de la solution. C’est un « tour de force technologique » pour reprendre le terme de Bill Gates découvrant cette innovation majeure.

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Blockchain comme une promesse

Néanmoins, certains penseront que la Blockchain reste une solution en recherche de problèmes à résoudre.  Malgré le milliard de dollars investis dans les startups de la blockchain, malgré les plus de 100 000 marchands qui acceptent bitcoin, malgré les 1000 startups earlystage dans le domaine de blockchain ( dont une qui a reçu 121 millions de dollars d’investissement ), soyons honnêtes, les cas d’usages manquent encore de maturité. Le potentiel est indéniable mais nous sous sommes au début d’une révolution.

Le cas le plus médiatique reste celui d’une crypto-monnaie qui ne s’est pas encore déployée dans le grand public. La crypto-monnaie comme le bitcoin  apparait pour beaucoup comme une utopie parce qu’elle bouscule beaucoup de certitudes sur le rôle central que joue la monnaie dans notre économie. Avouons-le, l’économie monétaire reste une science complexe et qui est mal comprise par la plupart d’entre nous et on voit bien que les discussions sur le rôle que doit jouer l’Euro dans l’économie Européenne reste assez dogmatique. Elle est basée sur une confiance dans l’institution monnaie, cette confiance ne peut pas être rationnelle. Pourtant, la monnaie reste une institution très centralisée et même assez monopolistique, gérée par un petit nombre d’experts économiques et politiques.  Il faut aussi dépasser le sujet de la monnaie qui est un de toute évidence un bon point départ pour réfléchir, et qui fonctionne assez bien dans ce contexte de pédagogie.

Cinq angles pour parler de confiance distribuée

Ceci  nous entraîne naturellement à nous poser la question de la confiance dans la société en utilisant mieux le numérique.

couverturelarevolutionblockchainC’est pour ceci que j’ai entrepris de décrire l’aventure humaine qui est la création d’un nouveau protocole de l’internet : Blockchain. J’ai choisi de prendre 5 angles pour décrire ce nouveau phénomène que j’ai qualifié sans une grande originalité de révolutionnaire.

=> Culturelle et Historique

=> Economique et monétaire

=> Technologique

=> Usages & Métiers

=> Philosophique

Au cours de l’émission, j’explique également  que  la Blokchain va aider à 5 transitions de nos sociétés  : la blockchain promet un environnement différent qui remplace la confiance dans des institutions par un protocole basé sur des algorithmes à la fois composés de techniques de cryptographie, de théories des jeux et de logiciel libre.

Pour commander votre exemplaire du livre c’est ici.

Cinq transitions de nos sociétés à la loupe

5 transitions de notre société qui nécessitent  de la confiance, c’est-à-dire cette capacité à bénéficier de la bienveillance d’autrui pour pouvoir lui remettre quelque chose de valeur dans l’espace ou dans le temps.

(1) Démographique (Rapport entre les jeunes et les anciens = retraite, travail; Rapport entre le nord/sud, entre les différents continent)

(2) Ecologique comment mieux répartir la production et la distribution d’énergie, mieux récompenser encourager les économies d’énergie, (C2E décentralisés)  préparer la transition vers des énergies dé-carbonnées.

(3) Numérique, préparer une transition vers un internet plus responsable, mais aussi moins centralisé et administré par quelques géants du numérique.

(4) Monétaire

(5) Démocratique

Democratie Numérique et Blockchain

Sur le sujet spécifique de la Démocratie numérique La blockchain n’a cessé d’inspirer de nouvelles méthodes de contrôle de l’activité politique qui vont depuis l’application des programmes politiques ou encore le financement des activités publiques. la blockchain apparaît comme un livre ouvert, dans les pages duquel chacun peut vérifier ce qui a été dit, ce qui a été fait, voire même déclencher, s’il ou elle l’estime nécessaire, une sorte de signal d’alarme.

Nous plaidons pour un contrôle accru de la vie publique. Dans leur conception de la démocratie, chaque citoyen est ainsi le garant de la bonne tenue de la vie politique. La procédure des « élections de rappel » (recall election) permet de voter la destitution d’un élu en cas de manquement grave à sa fonction ou de non-respect de ses engagements politiques. Ce processus politique fait donc du citoyen le véritable contrôleur de la rigueur de l’activité politique.

L’autre innovation politique de la blockchain est sa capacité à encadrer et à contrôler la procédure des élections.  La blockchain est une solution définitive pour lutter contre cette dérive. En effet, en scellant chaque vote au sein d’une chaîne publique d’informations.

En outre, le développement d’un vote numérique, accessible depuis son domicile permettrait de lutter contre les phénomènes d’abstention.

Dans le cadre de la création d’une blockchain politique, sur laquelle chaque citoyen disposerait d’un vote, les candidats pourraient donc proposer une liste de propositions détaillées, que les citoyens pourraient valider comme réalisées ou irréalisées au cours du mandat. Ainsi, au moment du vote, chacun serait en mesure de juger si les promesses politiques ont été (ou non) respectées.

Les entreprises d’e-démocratie se multiplient (DemocracyOS, PublicVote, BitCongress, FollowMyVote), une certaine méfiance demeure à l’égard de ces initiatives numériques.  C’est pourtant le moment idéal pour en faire la promotion!  

Algorithmes ou institutions humaines?

Je suis très heureux de publier avec Dunod « LA REVOLUTION BLOCKCHAIN » qui essaie de répondre à la question : « Demain, à qui donnerez vous votre confiance? Aux algorithmes ou aux institutions humaines? »

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Le livre

La Révolution Blockchain vous donne les éléments clés pour répondre à la question de la confiance créée par des algorithmes.

Depuis plus d’une décennie, nous vivons de multiples révolutions : économiques, sociales, environnementales et même de nos pratiques et usages. Ces révolutions sont portées par de nouvelles technologies qui ont l’ambition de participer à la construction d’un monde meilleur. L’émergence de la blockchain a suscité analyses prophétiques et commentaires enthousiastes. Ce protocole technique inspire une réflexion sur une société plus équilibrée, plus juste et interroge la fabrique de la confiance.

Cet essai questionne les transformations portées par la blockchain, en explique les mécaniques de fonctionnement et les prochaines évolutions. Ouvrage de découverte autant que large panorama des travaux accomplis, c’est une manière facile d’explorer cet écosystème. L’innovation est la clé de réussite des nouvelles stratégies entrepreneuriales et la blockchain est une technologie à même de rebattre les cartes. Elle interroge aussi le rôle des institutions, les opposant, dans les faits, aux algorithmes

L’auteur

Philippe Rodriguez est le co-fondateur et managing partner de Avolta Partners, l’une des banques d’affaires les plus actives en Europe pour les entreprises dans les nouvelles technologies. Philippe est par ailleurs très présent dans l’écosystème Blockchain comme conférencier et président de Bitcoin France. Dans écosystème numérique il a co-fondé l’EBG dont il est le trésorier depuis 1998.
Philippe est diplomé de l’ESCP et de l’EISTI.

J’ai écrit ce livre avec la volonté forte de démocratiser le sujet blockchain en utilisant à la fois une approche historique et économique. L’idée est de remettre la technologie dans son contexte pour pouvoir mieux cerner tous les cas d’usage et ainsi se faire une conviction sur son utilité générale ou particulière.

Pour acheter le livre

  • Amazon en version brochée : 19,90 € / Livré en 48h00  sur amazon.fr
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Conférence Blockchain avec séance de signature; demande à philrodv2 à gmail.com

Grothendieck, les mathématiques comme seule patrie

Je viens de lire  « Alexandre Grothendieck, sur les traces du dernier génie des mathématiques »  de Philippe Douroux.

Je vous invite à cette lecture passionnante et je vous livre ici quelques extraits.  Dans ma recherche sur les algorithmes et les institutions, Grothendieck est un personnage hautement symbolique parce qu’il est issu de l’anarchisme le plus radical. Exilé, apatride, il ne fait plus aucune confiance à la société des hommes. Il ne croit plus qu’aux équations de mathématiques et aux plantes qu’il qualifiera comme ses seules amies.

Alexandre Grothendieck est un des plus grands mathématiciens français et chronologiquement le dernier grand génies des mathématiques selon ses pairs.

Issu d’une famille russe, exaltée par l’anarchisme et les révolutions russes, exilé en France pendant la guerre on dirait aujourd’hui « réfugié en France »,le jeune Alexandre découvrira les mathématiques vers onze ans dans les camps qui lui servira de foyer. Il sera un élève médiocre, mais va se passionner pour cette science qu’il tentera de totalement réinventer.  Se croyant le premier mathématicien il va pratiquement tout redécouvrir tout seul et reconstruire d’abord le champ des mathématiques traditionnelle puis une nouvelle mathématique.

Ce dernier génie des mathématiques disparaîtra totalement de la surface la terre après avoir écrit les pages les plus brillantes d’un nouveau champ des mathématiques. Vivant en ermite dans un village reculé du Gers, il s’exilera à nouveaux du monde des hommes, pour se réfugier dans celui des nombres.

Commençons par l’incompréhensible. Le 16 août 1964, Alexandre Grothendieck écrit une lettre à son ami Jean-Pierre Serre dans laquelle il désigne une notion nouvelle, les Motifs, sur laquelle certains proposent aujourd’hui de refonder les mathématiques. On peut entrer dans ce livre sans rien comprendre à cette notion, mais en lisant la lettre de Grothendieck comme une déclaration prophétique :   « Je vois, j’entrevois une faible lumière, mais c’est dans cette direction qu’il convient d’aller : j’appelle “motif” sur k, quelque chose comme un groupe de cohomologie l-adique d’un schéma algébrique sur k, mais considéré comme indépendant de l, et avec sa structure “entière”, ou disons pour l’instant “sur Q”, déduite de la théorie des cycles algébriques. La triste vérité, c’est que pour le moment je ne sais pas définir la catégorie abélienne des motifs, bien que je commence à avoir un yoga sur cette catégorie, M (k). »

Comme le rappelle l’auteur on pourrait le confondre avec un autre mathématicien maudit : Gregori Perelman qui refusera tous les prix, que l’on viendra lui décerner.  Il refusera successivement : le prix de la société de mathématique Européenne en 1996; la médaille de Fields en 2006 et les 15 000 dollars canadien;  le prix du millénaire de l’Institue Mathématique Clay en 2010 et le million de dollars qui allait avec. Il aurait répondu à la presse venu frapper à la porte de son HLM où il vit avec sa mère : « je peux contrôler l’univers, que voulez vous que je fasse avec un million de dollars »

Perelman pris en photo dans le métro à son insu.
Perelman pris en photo dans le métro à son insu.

Repéré très jeune, tout à la fois doué et bosseur, Gregori Perelman, intègre le Lycée 239 de ce qui s’appelle encore Leningrad. Pris en charge par un entraîneur, il obtiendra le score parfait (42 points sur 42) aux Olympiades de 1982. Cette fois, l’antisémitisme d’État s’incline devant le talent.

Alexandre Grothendiek lui fait ses armes à Montpellier, c’est là que l’on va détecter son talent hors du commun pour les mathématiques. Il résoud des énigmes parmi les plus complexes au mondes…

Les conjonctures de Weil sont expliqués ici par le mathématicien Bertrand Toen à l’université de Montpellier qui rend un hommage au mathématicien Grothendiek. C’est vraiment intéressant et très bien fait… Et permet d’apercevoir ( d’assez loin 🙂 ) une version très simplifiée des travaux du mathématicien.  Comme Bertrand Toen nous le dit dans sa conférence : « Les mathématiques grothendiekennes nous permettent de voir des choses que l’on ne pouvait pas voir auparavant » 

Au lieu de monter à Paris, Alexandre descend à Montpellier. La ville abrite certes la plus ancienne faculté de médecine d’Europe, mais pour les maths, au sortir de la guerre, l’évaluation revient à multiplier 0 à l’infini, ça fera toujours 0, infiniment 0. Une fois de plus, il s’ennuie en cours et cherche des problèmes à sa taille. Un professeur plus attentif que les autres lui a bien parlé des intégrales de Lebesgue, une théorie de la mesure, établie en 1902, s’appuyant sur les travaux d’une ribambelle de mathématiciens qui, comme les maréchaux d’Empire, perdent leur prénom en entrant dans l’histoire : Riemann (Bernhard), Borel (Émile ou Armand), Cauchy (Augustin Louis). Lebesgue avait résolu la question en 1902.

Alexandre Grothendiek sera invité dans les plus prestigieuses écoles des mathématiques : l’École Normale, le Collège de France… mais il le sera toujours sans avoir jamais était un étudiant de ses écoles, ce qui rend son parcours tout à fait unique.

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Après la Seconde Guerre mondiale, la France était sans aucun doute le bon endroit pour se lancer dans cette science aussi légère quant aux moyens déployés que lourde de conséquences. En fait, il faudrait dire Paris et même réduire la capitale au polygone de la Montagne Sainte-Geneviève que surplombe le Panthéon. Avec les lycées Henri-IV, Louis-le-Grand, la Rue d’Ulm, l’École polytechnique, l’Institut Poincaré, le Collège de France et tout ce qu’il y a de « supérieur » en matière de chimie, d’agronomie ou de physique, on peut parler d’une concentration de grands esprits. Au début du siècle, les peintres se croisent à Montparnasse, les écrivains depuis toujours se retrouvent à Saint-Germain-des-Prés, les matheux s’agglutinent au pied du Panthéon. Tout tient dans un carré de cinq cents mètres de côté.

Voici ce que diront ses mentors en 53, Jean Dieudonné et Laurent Shwartz, eux mêmes de grands mathématiciens français « Un chef-d’œuvre de première grandeur, il fallait la lire, l’apprendre, la comprendre, car tout était difficile et profond. J’y mis six mois à temps plein. Quel travail, mais quelle joie ! Les énoncés des théorèmes étaient kilométriques, car rien n’était épargné au lecteur. J’y appris quantité de choses nouvelles. La collaboration avec ce jeune homme si talentueux constitua une expérience fascinante. »

Il participera au collectif Bourbaki, comme le sera André Weil, frère de Simone Weil et auteur des conjonctures de Weil.  « Tout mathématicien digne de ce nom a ressenti, même si ce n’est que quelquefois, l’état d’exaltation lucide dans lequel une pensée succède à une autre comme par miracle… Contrairement au plaisir sexuel, ce sentiment peut durer pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. »

En 1964, Alexandre Grothendieck pose une idée et un mot : les Motifs. De la même façon que Martin Luther King, les Noirs américains, Bob Dylan et Joan Baez, les étudiants contestataires de Berkeley, Cassius Clay, Rudolf Noureev, les Beatles apportent une rupture fondamentale dans la manière de vivre, boxer, danser ou chanter, Grothendieck pose une borne frontière. Il fixe un avant et un après. Là aussi, cinquante ans seront nécessaires pour le comprendre. … /…  Plusieurs mathématiciens ont proposé leur propre représentation des géométries complexes qu’on appelle cohomologie. Il existe une cohomologie des faisceaux, une cohomologie galoisienne, une cohomologie de De Rham… Chaque chercheur travaille à une représentation du monde aussi rigoureuse que possible et qui puisse convenir en toute situation. Mais aucun, avant Grothendieck, n’avait réussi à prendre suffisamment de recul pour voir leurs points communs.

Ce génie, qui réinvente les mathématiques, a vécu dans le monde  des mathématiques, hors de celui des hommes,  pour nous livrer un savoir et des avancées radicales de la mère des sciences.