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Interview BFM – Algorithmes et Institutions

J’étais ravi de participer à l’émission de Frederic Simottel et d’avoir un échange de grande qualité autour des thématiques du livre « La révolution Blockchain » édité chez Dunod

Diffusion ce samedi et dimanche à 17h00 sur BFM BUSINESS

J’ai pu aussi retrouver Gonzague Grandval qui lance ChainForge un nouvel incubateur pour Blockchain dont je parlerais prochainement…

 

Sur bfm : http://www.bfmtv.com/static/nxt-video/player.html?video=5328367036001&brand=BFMBUSINESS&url=http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/la-revolution-blockchain-est-en-marche-1802-915671.html

Les promoteurs de la Blockchain dont je fais partie sont parfois subjugués par la beauté mathématique de la solution. C’est un « tour de force technologique » pour reprendre le terme de Bill Gates découvrant cette innovation majeure.

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Blockchain comme une promesse

Néanmoins, certains penseront que la Blockchain reste une solution en recherche de problèmes à résoudre.  Malgré le milliard de dollars investis dans les startups de la blockchain, malgré les plus de 100 000 marchands qui acceptent bitcoin, malgré les 1000 startups earlystage dans le domaine de blockchain ( dont une qui a reçu 121 millions de dollars d’investissement ), soyons honnêtes, les cas d’usages manquent encore de maturité. Le potentiel est indéniable mais nous sous sommes au début d’une révolution.

Le cas le plus médiatique reste celui d’une crypto-monnaie qui ne s’est pas encore déployée dans le grand public. La crypto-monnaie comme le bitcoin  apparait pour beaucoup comme une utopie parce qu’elle bouscule beaucoup de certitudes sur le rôle central que joue la monnaie dans notre économie. Avouons-le, l’économie monétaire reste une science complexe et qui est mal comprise par la plupart d’entre nous et on voit bien que les discussions sur le rôle que doit jouer l’Euro dans l’économie Européenne reste assez dogmatique. Elle est basée sur une confiance dans l’institution monnaie, cette confiance ne peut pas être rationnelle. Pourtant, la monnaie reste une institution très centralisée et même assez monopolistique, gérée par un petit nombre d’experts économiques et politiques.  Il faut aussi dépasser le sujet de la monnaie qui est un de toute évidence un bon point départ pour réfléchir, et qui fonctionne assez bien dans ce contexte de pédagogie.

Cinq angles pour parler de confiance distribuée

Ceci  nous entraîne naturellement à nous poser la question de la confiance dans la société en utilisant mieux le numérique.

couverturelarevolutionblockchainC’est pour ceci que j’ai entrepris de décrire l’aventure humaine qui est la création d’un nouveau protocole de l’internet : Blockchain. J’ai choisi de prendre 5 angles pour décrire ce nouveau phénomène que j’ai qualifié sans une grande originalité de révolutionnaire.

=> Culturelle et Historique

=> Economique et monétaire

=> Technologique

=> Usages & Métiers

=> Philosophique

Au cours de l’émission, j’explique également  que  la Blokchain va aider à 5 transitions de nos sociétés  : la blockchain promet un environnement différent qui remplace la confiance dans des institutions par un protocole basé sur des algorithmes à la fois composés de techniques de cryptographie, de théories des jeux et de logiciel libre.

Pour commander votre exemplaire du livre c’est ici.

Cinq transitions de nos sociétés à la loupe

5 transitions de notre société qui nécessitent  de la confiance, c’est-à-dire cette capacité à bénéficier de la bienveillance d’autrui pour pouvoir lui remettre quelque chose de valeur dans l’espace ou dans le temps.

(1) Démographique (Rapport entre les jeunes et les anciens = retraite, travail; Rapport entre le nord/sud, entre les différents continent)

(2) Ecologique comment mieux répartir la production et la distribution d’énergie, mieux récompenser encourager les économies d’énergie, (C2E décentralisés)  préparer la transition vers des énergies dé-carbonnées.

(3) Numérique, préparer une transition vers un internet plus responsable, mais aussi moins centralisé et administré par quelques géants du numérique.

(4) Monétaire

(5) Démocratique

Democratie Numérique et Blockchain

Sur le sujet spécifique de la Démocratie numérique La blockchain n’a cessé d’inspirer de nouvelles méthodes de contrôle de l’activité politique qui vont depuis l’application des programmes politiques ou encore le financement des activités publiques. la blockchain apparaît comme un livre ouvert, dans les pages duquel chacun peut vérifier ce qui a été dit, ce qui a été fait, voire même déclencher, s’il ou elle l’estime nécessaire, une sorte de signal d’alarme.

Nous plaidons pour un contrôle accru de la vie publique. Dans leur conception de la démocratie, chaque citoyen est ainsi le garant de la bonne tenue de la vie politique. La procédure des « élections de rappel » (recall election) permet de voter la destitution d’un élu en cas de manquement grave à sa fonction ou de non-respect de ses engagements politiques. Ce processus politique fait donc du citoyen le véritable contrôleur de la rigueur de l’activité politique.

L’autre innovation politique de la blockchain est sa capacité à encadrer et à contrôler la procédure des élections.  La blockchain est une solution définitive pour lutter contre cette dérive. En effet, en scellant chaque vote au sein d’une chaîne publique d’informations.

En outre, le développement d’un vote numérique, accessible depuis son domicile permettrait de lutter contre les phénomènes d’abstention.

Dans le cadre de la création d’une blockchain politique, sur laquelle chaque citoyen disposerait d’un vote, les candidats pourraient donc proposer une liste de propositions détaillées, que les citoyens pourraient valider comme réalisées ou irréalisées au cours du mandat. Ainsi, au moment du vote, chacun serait en mesure de juger si les promesses politiques ont été (ou non) respectées.

Les entreprises d’e-démocratie se multiplient (DemocracyOS, PublicVote, BitCongress, FollowMyVote), une certaine méfiance demeure à l’égard de ces initiatives numériques.  C’est pourtant le moment idéal pour en faire la promotion!  

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Le Bitcoin vivra-t-il son « Grand Schisme »?

Huffingtonpost Bitcoin
Initialement publié dans le Huffington Post

 

Comme lors d’une dizaine de précédents événements dans la courte vie de Bitcoin, les médias dans un bel élan moutonnier et parfaitement synchronisé, titrent sur sa mort annoncée. Pourtant je suis convaincu comme beaucoup que bitcoin vit un moment très particulier, une sorte de point d’inflexion qui fait entrer sa technologie et ses principes fondateurs dans beaucoup d’usages. Alors est-ce juste le déclin tant annoncé ou une nouvelle crise de croissance?

L’élément déclencheur cette fois-ci est le départ de la communauté de Mike Hearn, un des développeurs de Bitcoin Core – logiciel ouvert qui constitue le réseau Bitcoin par son déploiement sur des milliers d’ordinateurs. Le 14 janvier 2016 dans son billet de blog intitulé « The resolution of bitcoin experiment « , Mike Hearn annonce qu’il ne croit plus à l’expérience Bitcoin, se retire de ce projet et vend tous ses bitcoins.

Déjà dans cette vidéo de l’excellent pod/videocast Epicenterbitcoin par mes deux amis Brian Fabian Crain & Sébastien Couture,  Mike Hearn présentait déjà un certains nombres de faiblesses qu’il fallait adresser d’une façon ou d’une autre )
( web: http://epicenterbitcoin.com newsletter http://epicenterbitcoin.com/newsletter
twitter : http://twitter.com/epicenterbtc)

Les débats sur les choix stratégique d’une organisation ouverte comme Bitcoin ont constamment lieu sur la place publique, caractéristique partagée par tous les logiciels open source et les organisations décentralisées comme Wikipedia. Une telle transparence peut effrayer les chroniqueurs habitués aux grandes entreprises, totalement opaques quant à leur processus de décisions stratégiques. Au sein de l’organisation Bitcoin, le débat a lieu sur les forums, à travers les billets de blogs et sous forme de prises de parole des développeurs. Les portes claquent, le ton monte, et il faut pourtant trouver des solutions pour aller de l’avant.

Que dit Mike Hearn dans son billet ?

La monnaie décentralisée et le système de transaction associé fonctionnent sur la base d’un livre ouvert qui enregistre des listes de transactions, appelées blocks, chainées entre elles pour éviter d’être manipulées, d’où le nom de la « blockchain ». Les « blocks » produits toutes les dix minutes ont une taille maximale de 1 méga-octet. Malheureusement, pendant certaines heures de haute activité ces blocks ont atteint des niveaux proches de cette taille maximale.

Mike Hearn explique qu’il suffirait donc de changer la taille de ces blocs; changement rendu impossible la principale force et faiblesse de l’organisation ouverte : sa gouvernance.

Mike Hearn in his apartment in Zurich, Switzerland. He was one of the core developers of Bitcoin and has recently given up on the project. In his hand he is holding a Bitcoin token – a physical coin which is worth real digital bitcoins. Daniel Auf der Mauer for The New York Times
Mike Hearn in his apartment in Zurich, Switzerland. He was one of the core developers of Bitcoin and has recently given up on the project. In his hand he is holding a Bitcoin token – a physical coin which is worth real digital bitcoins. Daniel Auf der Mauer for The New York Times

Plusieurs parties prenantes vont devoir s’engager dans un processus très compliqué pour faire cette petite modification d’un simple paramètre de l’algorithme qui régit la monnaie décentralisée.

Les développeurs tout d’abord. Ils vont devoir se mettre d’accord pour modifier le logiciel ouvert Bitcoin Core qui permet de vérifier, signer et archiver les transactions. Ceci ne semble pas être une mince affaire puisque chaque développeur pèse le pour et le contre en fonction de la performance future du système.

Les mineurs ensuite. Ces derniers sont les propriétaires des ordinateurs qui font tourner Bitcoin Core qui permet d’opérer le réseau de transactions Bitcoin. Ils sont rémunérés avec la valeur qui transite dans le réseau: des bitcoins. Aujourd’hui cette valeur s’échange aux alentours des 400 dollars par bitcoin. Les mineurs craignent un schisme vers deux systèmes parallèles qui ferait paniquer les investisseurs et entrainerait une chute vertigineuse des cours du bitcoin, leur principale source de financement.

En langage informatique et cryptomonétaire un schisme s’appelle un « fork ».

Une partie des mineurs, peut-être majoritaire, opère depuis la Chine où les contraintes de réseau les obligent à ne pas vouloir augmenter la taille des blocks. Il s’agirait en effet pour les mineurs chinois de laisser évoluer le système Bitcoin vers une plus grande consommation de bande passante, ressource rare en Chine.

(voir article : Mine de Bitcoin en chine )

Ferme de minage Bitcoin en Chine
Ferme de minage Bitcoin en Chine

Ces évolutions du logiciel nécessiteraient une plus grande connexion au réseau internet global qui entrainerait de franchir plus souvent les pare-feux de l’état chinois : chose bien plus difficile encore. Les mineurs font partie de la gouvernance globale de Bitcoin car sans eux le réseau n’existerait pas.

Les entrepreneurs enfin. Ils développent de nouveaux usages sur le réseau Bitcoin tels que de nouveaux services financiers, de nouveaux systèmes de partages, de prédictions, de transferts de valeur ou d’élections. Ces entrepreneurs qui viennent de recevoir quelques centaines de millions de dollars depuis 2014 de financement en capital risque aux Etats Unis, veulent avant tout fournir de nouvelles opportunités en résolvant les douleurs de leurs clients. Ils veulent certes un réseau sûr, indépendant, autonome et peu cher, mais ils sont avant tout prêts à faire des concessions fortes s’éloignant ainsi de l’idéal des développeurs afin de mieux servir leurs clients.

Une gouvernance du bitcoin en panne alors que le nombre de projets explosent.

Nous sommes ici en présence de la difficile diplomatie de Bitcoin entre développeurs idéalistes, mineurs avides et entrepreneurs pragmatiques.

Bitcoin Entreprises financées
Nouvelles entreprises Bitcoin financées

Pourtant l’année 2015 a été fertile pour Bitcoin.

On a pu observer une explosion des initiatives menées par les banques, les organisations financières ou de nouveaux entrepreneurs ( voir article : Base de données pour les investissements dans la blockchain )

Je ne citerai que trois exemples parmi des milliers d’expérimentations menées partout dans le monde.

  1. Plus de vingt-cinq banques mondiales ont décidé de se lancer dans le projet R3, une sorte de blockchain propriétaire dont les nœuds ne seront plus des mineurs indépendants mais des banques. UBS, Credit Suisse, Barclays, Société Générale font partie de ce projet qui devrait leur permettre de profiter des technologies de Bitcoin à travers un système plus approprié à leurs contraintes réglementaires et de conformité. Il s’agit peut-être d’une illustration parfaite du débat « blockchain good, bitcoin bad », en sachant que l’un ne peut pas exister sans l’autre. Le bitcoin est tout de même la monnaie de récompense de ceux qui entretiennent le réseau de vérification des transactions. Mais pour les banques, soutenir une nouvelle monnaie, décentralisée de surcroît, peut apparaitre comme une hérésie face au régulateur et aux banques centrales.
  2. Visa et Docusign ont proposé un projet novateur pour l’acquisition de voitures par les consommateurs leur permettant de l’acheter et l’assurer en quelques secondes sans signature physique de documentations. La voiture aura une identité et un portefeuille dans la « blockchain ».
  3. Arcade City est une nouvelle application concurrente de Uber, développée par un ancien chauffeur, qui fonctionne à Portsmouth (USA). Ce dernier utilise un système utilisant la blockchain pour rémunérer, identifier les utilisateurs chauffeurs et passagers d’un réseau de taxi. Comme il l’écrit dans la presse: « Dès que l’on fera deux milliards de revenus comme Uber, ça n’ira pas dans les poches des investisseurs ou dans la hiérarchie de l’organisation, ce sera réinvesti directement dans nos chauffeurs et dans l’expérience client ». Arcade City est une sorte d’entreprise coopérative rendue possible par une monnaie et un système décentralisés.

Crise de croissance pour Bitcoin

Donc, pour moi, tout ceci ressemble à une crise de croissance. Fred Wilson, le venture capitalist, investisseur avec son fonds USV dans plusieurs startups Bitcoin, l’exprime clairement dans son dernier billet de blog «  Le bitcoin est mort, vive le bitcoin! » qui concerne le départ de Mike Hearn. Il écrit :

« Il faut parfois une crise pour que l’on mette tout le monde autour de la table ».

Et les derniers événements lui donnent raison. En effet, depuis quelques semaines plusieurs solutions viennent d’être proposées pour faire évoluer l’algorithme bitcoin. Il va falloir beaucoup de discussions, de débats et un effort diplomatique hors du commun pour faire que l’organisation reste ouverte, qu’elle ne se scinde pas et que pourtant certaines évolutions technologiques soient possibles.

Je pense qu’il y aura un schisme de la technologie blockchain d’ici les les deux prochaines années. Ainsi, de nouvelles branches vont pousser à partir du tronc commun que constitue la technologie bitcoin, en espérant que ceci la renforcera.

L’acceptation de la technologie fait son chemin dans plusieurs industries au-delà même de la finance et la banque. Pour autant, Bitcoin comme monnaie mondiale, digitale, décentralisée, sans autorité a encore un long chemin à parcourir.

Qui est Satoshi? Peu importe. 

Emin Gün Sirer est un professeur de la Cornell University. Ses spécialités de recherche comprennent les systèmes distribués et les systèmes d’exploitation. Il a beaucoup publié sur l’architecture de Bitcoin et a également proposé de nouvelles architectures pour la Blockchain.

 

I’m not going to claim that a virtual currency like Bitcoin is the ultimate solution, or even a contender for a credible solution at the moment. Bitcoin cannot scale to the globe, even with the recent planned improvements, and it has great difficulty on the security front. But there are some novel technical ideas in there that can enrich our global society; some discovered by Satoshi, others by people before him. Responsible media needs to drop the pointless Satoshi manhunt and focus on the technology and its implications. That’s where the real action is.

 

Emin Gün Sirer is an associate professor at Cornell University whose research interests include distributed systems, operating systems, and networking. He has published several research papers on the design and flaws of Bitcoin and helped architect an alternative design for it, Bitcoin-NG, aimed at making it able to serve many more users. This post was originally published on Sirer’s blog, Hacking Distributed.

Source: How to Spot Bitcoin Inventor Satoshi Nakamoto | MIT Technology Review

Bitcoin une monnaie de siège?

Au moment ou l’on parle de grexit, on ne parle plus de bitcoin comme une monnaie pour les états. Jacques Favier nous rappelle quelques notions d’histoire sur les monnaies de siège ( on s’instruit) et quelques réflexions sur l’utilisation d’une monnaie crypto dans des cas extrêmes.

A lire sur  sur son blog une réflexion sur ce que l’on appelle les « monnaies de siège ».

Et à propos d’une crypto-monnaie utilisée par un état voici un commentaire bien juste.

Les propos du ministre allemand auront au moins un effet : rappeler l’opportunité de possibles co-existences monétaires. Certes M. Scheuble pense à une coexistence euro/ néodrachme, bref papier fort / papier faible. Mais d’autres songent à une co-existence papier / crypto. M. Vences Casares, patron de Xapo le dit assez clairement : aucun gouvernement ne choisira le bitcoin, monnaie non inflationniste. Bitcoin is not a currency for a government; it is a global currency for the people. Bitcoin n’est pas pour un territoire donné ou circonscrit (voir la conclusion de mon billet 19) mais pour un Internet global et sans frontière.

via 20 – Monnaie de siège – LA VOIE DU ฿ITCOIN.

Nouvelle place de marché régulée aux US : Coinbase lance Lunar

Après avoir levé un fond de 106 millions de dollars, l’entreprise Coinbase va pouvoir opérer la première place de marché régulé.

Suite à l’aventure malheureuse de MtGox qui avait perdu plus de 400 millions de dollars, c’est une sorte de réaction du marché qui intervient un an après le crash de la plate-forme japonaise.

Pour l’instant le marché réagit positivement à cette annonce.

The Coinbase Bitcoin exchange is coming. The United States is about to receive its first licensed Bitcoin exchange called Lunar, a newly launched business vertical of Coinbase Inc.

The San Francisco-based Bitcoin Company, which recently raised a whopping $106 million funds from the New York Stock Exchange and multiple VC firms, promised their future customers the safest haven to sell/buy bitcoins.

Why is Lunar Important?

From the massive $400 million online theft at Mt. Gox to the very recent BitStamp hack where hackers stole $5 million from its hot wallet, each and every  such event pushed seasoned and new Bitcoin investors out of the Bitcoin ecosystem. At this hour of need, Lunar is “literally” a masterstroke that could bring many optimistic changes to the market.

By being a licensed exchange, customers at Lunar will at least have 100% assurance of recovering their money in case an online theft takes place. Rest assured, it could even help Bitcoin retain some of its lost value. The trade market seems to have been reacting to this event already, where BTC/USD value has surged from $230 to $260 over the weekend.

Coinbase Bitcoin Exchange Expansion Troubles

According to the available reports, Coinbase has received licenses from around half of the US states, including the much stiffer New York. The company’s founders, who are still meeting state regulators, are hopeful to expand their Bitcoin trading services throughout the nation. They are even planning to expand overseas.

“Our goal is to become the world’s largest exchange,” said Brian Armstrong, the CEO of Coinbase.

To become so, they will have to watch out for another licensed US Bitcoin exchange that will going to be launched sooner or later by the celebrated entrepreneurs Tyler and Cameron Winklevoss. Their announcement came just a few days back.

Image Credits: Coinbase, Inc.

via Coinbase New Bitcoin Exchange Lunar to Launch on January 26th | NEWSBTC.

A Berlin, investisseurs et entrepreneurs défendent avec vigueur le Bitcoin.

Berlin, mercredi matin. Dans un centre de conférence, dans l'ancien quartier juif de Berlin, à quelques pas du célèbre incubateur Rocket Internet (qui a créé Zalando, eDarling et CityDeal), 300 entrepreneurs et investisseurs se sont réunis pour échanger autour du futur des monnaies cryptographiques et surtout de Bitcoin. Alors que depuis deux ans, chaque semaine, le monde bien établi de la finance annonce la mort du réseau Bitcoin, ce petit groupe d'irréductibles entrepreneurs et développeurs entrevoient un futur très différent…

 

 

J'étais présent à cette conférence essentiellement fréquentée par le public européen intéressé par les discours de quelques experts internationaux. J'ai été rapidement conquis par la ferveur des entrepreneurs et des investisseurs qui venaient partager leurs visions sur le futur des monnaies cryptographiques.

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A Berlin comme dans les autres capitales fédérales, les Allemands ont développé un écosystème bien développé. Se rencontrant régulièrement dans des « meet-ups » de startups dédiés au nouveau réseau cryptographique du Bitcoin, ils échangent sur les possibilités des monnaies virtuelles. Dans cette communauté, ce ne sont plus seulement les experts en sécurité des premiers temps (hackers en français), on rencontre maintenant des anciens traders, des développeurs, des entrepreneurs cherchant à maîtriser ce qui apparaît comme un nouvel eldorado, où comme certains osent le dire un nouvel internet.

Pendant la conférence, sur la scène, une trentaine de présentateurs provenant de 14 pays, viennent exposer leurs derniers développements sur des sujets aussi divers que les nouvelles avancées en sécurité, les nouvelles technologies matérielles pour miner, les aspects légaux et de régulation. Des fonds de capital risque débattent de la façon dont ils commencent à fournir des fonds aux US et en Europe à des entrepreneurs de talents qui développent des entreprises basées sur le Bitcoin.

Plusieurs thèmes sont abordés pour décrire technologiquement les évolutions possibles du réseau. Si je devais en choisir un seul, je detaillerai volontiers les nouvelles applications qui fonctionnent audessus du réseau Bitcoin.

Les développeurs participent à l'émergence de nouvelles applications qui sont de nouveaux services autonomes, « vivant » dans le résau Bitcoin (la blockchain). Je les avais déjà décrit dans mon précédent billet. Un des exemples, présenté à Berlin, sont les Colored Coins et MasterCoin. Ce sont des protocoles qui permettent de décrire un certificat de propriété électronique et de gérer ses échanges. Grace à ces nouveaux « coins » qui disposent de propriétés, on peut donc décrire un objet physique ou un contrat. Et donc transférer cette propriété ou bien la découper en plus petites parties.

Prenons l'exemple d'une société qui serait identifiée par un certificat de propriété dans le réseau bitcoin. Le propriétaire peut décider de découper en milliers d'unités ce certificat et d'échanger ces parts grâce à ces nouveaux services. Une entreprise peut émettre des parts d'un emprunt et le proposer dans un système innovant de crowdfunding. Un trader peut créer un contrat, une option et proposer de le vendre et de suivre cette vente. Une expérimentation très réussie a eu lieu avec des développeurs français qui ont créé des options binaires que l'on peut acheter dans le réseau ( BTC ORACLE ).

 

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Les nouveaux propriétaires disposent maintenant d'une « part » de l'actif qu'ils peuvent à nouveau échanger dans le réseau. Ces nouvelles applications qui fonctionnent au-dessus du réseau Bitcoin proposent donc de développer une organisation distribuée et autonome qui est une bourse d'échange fonctionnant sans autorité centrale, sans banque, sans bourse.

Rappelez vous que le réseau Bitcoin n'est en fait qu'un grand livre de compte distribué et autonome, sécurisé par des principes cryptographiques, l'idée des développeurs est de créer des applications autonomes et distribuées qui vont offrir des services qui vont bien au-delà de la monnaie.

D'autres réflexions plus politiques sont venues aussi animer les débats. Et sur ce sujet, c'est plutôt une approche défensive qui anime tous les acteurs du monde Bitcoin.

En 2014, Bitcoin risque d'être un sujet très visible dans l'internet et dans l'économie.

La vision que nous avons de ce qui se passe dans chacun des pays n'est pas toujours correctement décrite par les médias et les experts nationaux.

A Berlin, une étude a été présentée par le conseil juridique de la Bitcoin Foundation. Pays par pays, cette étude précise l'état des régulations en cours. Ceci montre que les médias et les experts nationaux couvrent assez mal le sujet. Plusieurs pays ont montré des réticences des craintes, des alertes qui se sont souvent traduites dans la presse mondiale par du bannissement pur et simple. Que ce soit en Chine ou en Russie, ou aux États-Unis, en regardant dans les détails, il apparaît que la position du régulateur est souvent plus modérée et surtout plus nuancée que ce qu'il est généralement décrit.

Dans un second temps, Bitcoin prépare sa mue pour toucher le grand public. Tous les acteurs impliqués dans cette technologie sont unanimes ils doivent faire des efforts tangibles pour que le citoyen puisse expérimenter les crypto-monnaies de façon rapide et simplifiée. Si, comme le prétendent certains, le Bitcoin doit aider les quelques 6,5 milliards d'êtres humains qui n'accèdent à aucun service bancaire, il faudra bien un peu de souplesse et de facilité d'usage.

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Mais ce monde bouge à une vitesse incroyable. Depuis le mois de février, ZipZap propose de pouvoir échanger des livres sterling en bitcoin dans plus de 28 000 points de ventes en Angleterre. Demain, plusieurs pays d'Europe, la Russie en tête, disposeront de ce dispositif très simple où vous transférez de petits montant d'argent grâce au réseau Bitcoin.

Mais, les avocats américains et européens présents dans la conférence ont pris la mesure de la réaction qui se prépare. Ils sont unanimes : les temps vont devenir durs et violents pour le Bitcoin. Sur le front de la régulation et de l'encadrement de son développement, le régulateur sera intraitable et voudra faire des exemples, pour faire augmenter le risque de démarrer des business dans ces domaines.

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Plus le réseau prend de l'ampleur, plus il réussit à convaincre un grand nombre d'utilisateurs qui vont le prendre en main pour échapper aux banques et aux organisations centrales de tout genre, plus les développeurs vont proposer de nouvelles applications pratiques et avec des bénéfices immédiats, plus le régulateur devra à la fois protéger les états des malversations que le réseau n'interdit pas intrinsèquement (blanchiment, évasion fiscale) sans faire tarir la fabuleuse source d'innovation que l'on commence tout juste à apercevoir.

Tout ceci est très éloigné de la spéculation sur la valeur du Bitcoin qui n'est qu'un leurre pour faire oublier que le réseau Bitcoin est en fait l'internet de la monnaie et non pas la monnaie de l'internet.

Tout le bruit fait autour de la valeur du Bitcoin nous éloigne de la réalité de cette technologie : elle est source d'innovations dont les développeurs et les citoyens vont se saisir pour inventer un monde nouveau. Peut-être un monde sans banque.

Impossible ? On disait pareil des encyclopédies papier, la dernière édition de Universalis est sortie l'année dernière en 999 exemplaires numérotés.